Techniques de pêche au Maroc côte Méditerranée et Atlantique

Techniques de pêche au Maroc côte Méditerranée et Atlantique

Techniques de pêche au Maroc côte Méditerranée et Atlantique

Grâce à sa façade méditerranéenne et à son immense littoral atlantique, le Maroc offre des conditions très variées pour la pêche à la canne et au moulinet. Plages de sable, baies calmes, falaises, pointes rocheuses, digues, estuaires et grands fonds permettent de pratiquer plusieurs techniques, du surfcasting à la traîne en passant par le spinning, l’eging et le jigging.

La bonne technique ne dépend toutefois pas uniquement de l’espèce recherchée. Elle doit être choisie selon le type de côte, la profondeur, le courant, la houle, le vent et l’accès au poste. Un ensemble efficace dans une baie méditerranéenne calme ne sera pas toujours adapté à une plage atlantique exposée.

Ce guide présente les principales techniques de pêche disponibles au Maroc, notamment dans le Nord, sur le détroit de Gibraltar et le long de la côte atlantique occidentale.

Quelle technique choisir rapidement ?

Technique Environnement Cibles fréquentes Niveau
Surfcasting Plages et baies ouvertes Dorade, marbré, sar, bar, ombrine, congre Débutant à confirmé
Spinning du bord Rochers, plages, digues et estuaires Bar, tassergal, barracuda, bonite, liche Débutant à confirmé
Shore jigging Pointes rocheuses et eau profonde Bonite, tassergal, sériole, barracuda Intermédiaire à confirmé
Eging Ports autorisés, digues et zones rocheuses Calamar et seiche Débutant à confirmé
Rockfishing / LRF Petits rochers, quais et ouvrages côtiers Sar, rascasse, chinchard, petits prédateurs Débutant
Flotteur / pâte de sardine Rochers, falaises accessibles et digues Sar, saupe, bogue, mulet Débutant à expert
Pêche de fond en bateau Fonds sableux, mixtes ou rocheux Pageot, dorade, pagre, sar, congre Débutant à confirmé
Jigging en bateau Fosses, tombants et grands fonds Denti, sériole, mérou, bonite Intermédiaire à expert
Traîne Côte et large Bonite, barracuda, tassergal, thonidés Intermédiaire à expert

Comprendre les trois grandes zones maritimes du Maroc

La côte méditerranéenne du Nord

De Fnideq, M’diq et Martil jusqu’à Al Hoceïma, Nador et Saïdia, la côte méditerranéenne alterne plages, criques, caps rocheux, digues et zones portuaires. Les eaux peuvent être très claires et parfois calmes, ce qui favorise les présentations discrètes, l’eging, le spinning, le rockfishing et la pêche au flotteur. Les coups de vent et la mer formée restent néanmoins dangereux sur les rochers.

Le détroit de Gibraltar et le Nord-Ouest

Autour de Tanger puis vers Asilah et Larache, le mélange des influences méditerranéennes et atlantiques crée des courants parfois puissants. Le spinning, le shore jigging, le surfcasting et la pêche au vif peuvent y être intéressants, mais le choix du poste et du poids des leurres doit tenir compte du courant.

La façade atlantique

De Larache et Moulay Bousselham vers Kénitra, Rabat, Casablanca, El Jadida, Oualidia, Safi, Essaouira et Agadir, l’Atlantique propose de longues plages, des estuaires, des plateaux rocheux et des falaises. Le surfcasting y occupe une place majeure. Le spinning, la pêche depuis les rochers et les différentes techniques en bateau sont également pratiqués.

La houle atlantique ne doit jamais être sous-estimée. Un poste accessible à marée basse peut devenir dangereux ou impossible à quitter lorsque l’eau remonte.

1. Le surfcasting : la grande technique des plages marocaines

Le surfcasting consiste à lancer un montage garni d’un appât depuis la plage et à le maintenir sur le fond. Il est particulièrement adapté aux grandes plages atlantiques, mais il fonctionne également sur les plages méditerranéennes et les baies du Nord.

Selon le fond et la saison, il permet de rechercher la dorade royale, le marbré, le sar, le bar ou loup, l’ombrine, le mulet, le congre et d’autres poissons de fond. Les vers marins, coquillages, crabes, crevettes, céphalopodes et morceaux de sardine font partie des appâts possibles, sous réserve de leur disponibilité et des règles locales.

Matériel conseillé

  • Canne surfcasting de 4,20 à 4,50 m.
  • Puissance courante d’environ 100–200 g ou 100–250 g selon la mer.
  • Moulinet longue distance de taille 8000 à 14000.
  • Nylon ou tresse avec un arraché correctement dimensionné.
  • Plombs adaptés au courant et à la tenue du fond.

La plus grande distance n’est pas toujours la meilleure stratégie. Les poissons peuvent se nourrir dans une baïne, derrière une première vague, près d’une sortie d’eau ou le long d’une cassure située à moyenne distance.

2. Le spinning du bord : une pêche mobile aux leurres

Le spinning consiste à lancer et ramener des leurres artificiels en explorant différentes couches d’eau. C’est l’une des techniques les plus polyvalentes du Maroc, car elle peut être pratiquée depuis une plage, une pointe rocheuse, une digue autorisée ou un estuaire.

Dans le Nord et en Méditerranée, les cibles comprennent notamment le loup, le barracuda, le tassergal, la bonite et la liche. Sur l’Atlantique, le bar, le tassergal, la bonite et d’autres prédateurs côtiers peuvent également répondre aux poissons nageurs, leurres souples, casting jigs, poppers et stickbaits.

Configuration polyvalente

  • Canne de 2,40 à 3 m.
  • Puissance d’environ 10–40 g, 15–50 g ou 20–60 g selon les leurres et le poste.
  • Moulinet de taille 3000 à 5000.
  • Tresse fine 0.12mm 0.14 mm 0.16 mm (recommandé) avec bas de ligne en fluorocarbone résistant à l’abrasion 0.35 mm, 0.37 mm (recommandé), 0.40 mm .

Les premières et dernières heures du jour sont souvent intéressantes, mais la marée, la présence de poissons-fourrage, la clarté de l’eau et l’état de la mer comptent davantage qu’une règle horaire fixe.

3. Le shore jigging : prospecter loin et profond depuis la côte

Le shore jigging utilise des jigs métalliques lancés depuis les rochers ou les pointes donnant rapidement accès à une profondeur importante. Le leurre peut être animé rapidement dans la couche d’eau ou travaillé plus lentement près du fond.

Cette technique peut cibler la bonite, le tassergal, le barracuda, la sériole et différents prédateurs de passage. Elle est particulièrement intéressante dans le détroit et sur certaines côtes rocheuses méditerranéennes ou atlantiques, mais elle demande une bonne lecture du courant et un équipement de sécurité sérieux.

  • Canne d’environ 2,70 à 3,30 m.
  • Puissance adaptée à des jigs de 20 à 80 g, voire davantage sur certains postes.
  • Moulinet robuste de taille 4000 à 6000.
  • Tresse résistante et bas de ligne adapté aux roches et aux poissons recherchés.

4. Le rockfishing et le LRF

Le rockfishing consiste à prospecter les bordures rocheuses, quais et petits ouvrages avec de petits leurres. Sa version la plus légère, le LRF ou Light Rock Fishing, utilise des cannes sensibles, de petites têtes plombées, des microleurres et des lignes fines.

Cette approche permet de découvrir la diversité du bord : petits sars, rascasses, chinchards, oblades et autres poissons côtiers. Elle est accessible, ludique et adaptée aux secteurs calmes du Nord, à condition que la pêche soit autorisée et que les poissons trop petits soient manipulés correctement puis relâchés.

  • Canne de 2 à 2,50 m.
  • Puissance approximative de 1–10 g ou 2–15 g.
  • Moulinet 1000 à 2500.
  • Petits leurres souples, micro-jigs et mini poissons nageurs.

5. L’eging : la pêche du calamar et de la seiche

L’eging est une technique japonaise consacrée aux céphalopodes. Elle utilise une turlutte appelée egi, animée par des tirées suivies de pauses et de descentes contrôlées. L’attaque se produit souvent pendant la descente.

Au Maroc, cette technique est pratiquée sur les digues, les zones rocheuses, les plages profondes et certains espaces portuaires où l’accès et la pêche sont autorisés. Elle est particulièrement populaire dans le Nord et en Méditerranée, mais elle peut également fonctionner sur plusieurs secteurs atlantiques.

  • Canne eging de 2,40 à 2,70 m.
  • Moulinet léger de taille 2500 à 3000.
  • Tresse fine et bas de ligne en fluorocarbone.
  • Turluttes généralement comprises entre les tailles 2.5 et 3.5.

Le crépuscule, la nuit et l’aube sont souvent recherchés. Une lampe frontale, des vêtements visibles et une grande prudence sur les rochers mouillés sont indispensables.

6. La pêche au flotteur, à la pelote et à la pâte de sardine

Très présente dans le Nord du Maroc, la pêche avec une longue canne, un flotteur et une pâte ou pelote à base de sardine permet de rechercher les poissons qui se nourrissent près des rochers. Elle est notamment associée au sar, à la saupe, à la bogue et parfois au mulet.

Le pêcheur amorce progressivement le poste, règle la profondeur et présente l’esche dans la zone où travaillent le courant et l’écume. Cette technique paraît simple, mais la préparation de la pâte, le dosage de l’amorçage et le contrôle de la dérive demandent de l’expérience.

  • Canne longue, souvent comprise entre 5 et 8 m selon le poste.
  • Petit moulinet ou moulinet équilibré avec la longueur de la canne.
  • Flotteur choisi selon la profondeur, la vague et le courant.
  • Hameçons et diamètre de bas de ligne adaptés à la clarté de l’eau.

7. La pêche de fond depuis les rochers

Cette technique utilise un appât maintenu sur le fond depuis une pointe, une falaise accessible ou une digue. Elle peut cibler le sar, la dorade, le congre, le pageot et d’autres poissons vivant autour des structures.

Le matériel doit être plus résistant que pour une plage propre, car les roches, coquillages et failles provoquent de nombreuses abrasions. Un montage cassant au niveau du plomb peut éviter de perdre toute la ligne lorsqu’il se coince.

8. La pêche de fond en bateau

Depuis une embarcation, la pêche de fond permet de présenter des appâts naturels sur des fonds sableux, mixtes ou rocheux. Selon la profondeur, le courant et la zone, elle peut rechercher le pageot, le pagre, la dorade, le sar, le congre et plusieurs espèces démersales.

Une canne courte de 1,80 à 2,40 m, un moulinet adapté à la profondeur et un plomb suffisamment lourd pour conserver le contact avec le fond forment une base cohérente. Le poids exact ne doit jamais être choisi sans tenir compte du courant.

9. Le jigging, slow jigging, inchiku et tai rubber

Le jigging consiste à faire travailler un leurre métallique verticalement depuis le bateau. Le speed jigging emploie des animations rapides, tandis que le slow jigging mise sur des mouvements plus amples et des chutes planantes. L’inchiku et le tai rubber proposent des présentations plus lentes près du fond.

Ces techniques sont adaptées aux tombants, épaves autorisées, fosses et reliefs sous-marins. Elles peuvent intéresser le denti, la sériole, le mérou, le pagre, la bonite et d’autres prédateurs. Le matériel doit être choisi selon la profondeur et le poids du leurre, pas uniquement selon la taille du poisson espéré.

  • Canne courte de jigging, généralement entre 1,50 et 2 m.
  • Moulinet spinning puissant ou moulinet à tambour tournant.
  • Tresse permettant un bon contact avec le leurre.
  • Bas de ligne résistant à l’abrasion.
  • Jigs adaptés au courant et à la profondeur.

10. La pêche à la traîne

La traîne consiste à tirer un ou plusieurs leurres ou appâts derrière un bateau en mouvement. La traîne côtière peut rechercher le barracuda, la bonite, le tassergal et d’autres prédateurs. Plus au large, l’équipement et les règles de sécurité deviennent beaucoup plus exigeants.

Le choix du leurre, de la vitesse, de la distance derrière le bateau et de la profondeur doit correspondre à l’espèce et à la présence de poissons-fourrage. Multiplier les lignes sans organisation augmente surtout le risque d’emmêlement.

11. Popping et stickbait depuis le bateau

Lorsqu’un banc de poissons chasse en surface, les poppers, stickbaits et casting jigs permettent de lancer vers l’activité sans traverser directement la chasse avec le bateau. Ces techniques peuvent viser la bonite, le tassergal, la liche et certains thonidés selon la zone et la saison.

Le matériel doit être suffisamment puissant, mais aussi équilibré pour répéter les lancers. Les poissons à dents tranchantes exigent une attention particulière au bas de ligne et à la manipulation au moment du décrochage.

Quel matériel choisir pour débuter au Maroc ?

Il n’existe pas une seule canne capable de pratiquer correctement toutes les techniques. Pour commencer, choisissez d’abord votre environnement principal :

  • Grande plage : ensemble surfcasting.
  • Plage, digue et rochers accessibles : ensemble spinning polyvalent.
  • Calamar et seiche : ensemble eging léger.
  • Poissons près des rochers : canne au flotteur ou longue canne pour la pâte de sardine.
  • Bateau : ensemble choisi selon la pêche de fond, le jigging ou la traîne.

Avant d’acheter, vérifiez la puissance de la canne, la taille du moulinet, la capacité de fil, le poids total de l’ensemble et la résistance réelle nécessaire. Un équipement trop puissant fatigue inutilement ; un équipement trop léger peut devenir dangereux ou casser sur un poste exposé.

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Sécurité et respect de la ressource

  • Consultez la météo marine, la houle, le vent et les marées avant chaque sortie.
  • Ne pêchez jamais seul sur une falaise ou une pointe exposée.
  • Portez des chaussures antidérapantes et un gilet de flottabilité lorsque le poste l’exige.
  • Ne tournez jamais le dos aux vagues sur la côte atlantique.
  • Vérifiez que l’accès et la pêche sont autorisés dans les ports, réserves et zones protégées.
  • Identifiez correctement l’espèce avant de la conserver.
  • Respectez les tailles, périodes, quotas et règles applicables au lieu de pêche.
  • Relâchez rapidement les poissons trop petits et ne conservez que ce qui sera consommé.
  • Récupérez fils, hameçons, emballages et leurres endommagés.

Les conditions d’accès et la réglementation peuvent évoluer. Pour une sortie en bateau, en eau douce, dans un port ou dans une aire protégée, renseignez-vous toujours auprès des autorités compétentes et du gestionnaire du site.

Questions fréquentes sur la pêche au Maroc

Quelle est la meilleure technique de pêche au Maroc pour débuter ?

Le spinning léger est mobile et relativement simple pour découvrir les leurres. Depuis une grande plage, le surfcasting est plus adapté. Dans une baie calme ou sur une digue autorisée, la pêche au flotteur peut également être très accessible.

Quelle technique choisir dans le Nord du Maroc ?

La réponse dépend du poste. L’eging, le spinning, le rockfishing et la pêche au flotteur sont adaptés à de nombreux secteurs méditerranéens. Le surfcasting convient aux plages, tandis que le shore jigging demande une pointe rocheuse sûre avec suffisamment de profondeur.

Quelle technique est la plus adaptée à l’Atlantique marocain ?

Le surfcasting est particulièrement important sur les longues plages atlantiques. Le spinning fonctionne sur les plages, estuaires et rochers lorsque les conditions le permettent. En bateau, la pêche de fond, le jigging et la traîne complètent les possibilités.

Peut-on utiliser la même canne pour le spinning et le surfcasting ?

Ce n’est généralement pas recommandé. Une canne surfcasting est longue et conçue pour propulser un montage lourd, tandis qu’une canne spinning est plus courte, plus légère et faite pour lancer puis animer des leurres de manière répétée.

Quelles techniques permettent de pêcher le bar ou loup ?

Le bar peut être recherché au spinning avec des poissons nageurs ou des leurres souples, mais aussi au surfcasting avec des appâts naturels. La meilleure approche dépend de la profondeur, de la houle, de l’activité du poisson-fourrage et de la nature du fond.

Comment pêcher le calamar au Maroc ?

L’eging est la technique spécialisée. Il faut lancer une turlutte, la laisser atteindre la profondeur souhaitée, effectuer quelques animations puis contrôler sa descente. Les zones éclairées ne sont utilisables que lorsque la pêche et l’accès y sont autorisés.

Faut-il une autorisation pour pêcher au Maroc ?

Les exigences peuvent varier entre la pêche maritime, les eaux intérieures, les ports, les zones protégées et certaines espèces. Ne vous fiez pas à une réponse générale trouvée sur un forum : vérifiez les règles actuelles auprès de l’autorité compétente et du gestionnaire du lieu.

Quelle est la meilleure saison de pêche au Maroc ?

Il n’existe pas de saison unique pour toutes les techniques. Les migrations, la température de l’eau, la reproduction, le vent, la houle et la présence de nourriture modifient l’activité des espèces. Il est plus utile de choisir une espèce cible puis d’étudier sa saison et ses conditions favorables dans votre région.

Conclusion

Le Maroc permet de pratiquer une grande diversité de pêches à la canne et au moulinet. Sur les plages atlantiques, le surfcasting reste incontournable. Dans le Nord et en Méditerranée, le spinning, l’eging, la pêche au flotteur et le shore jigging offrent de nombreuses possibilités. Depuis un bateau, la pêche de fond, le jigging, la traîne et le lancer sur chasse ouvrent l’accès à d’autres espèces et profondeurs.

Le meilleur choix n’est donc pas la technique la plus spectaculaire, mais celle qui correspond réellement au poste, aux conditions de mer, à l’espèce recherchée et au niveau du pêcheur.

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